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Séries

Sharp Objects: une série brutale mais envoûtante

4 septembre 2018

Il y a ces séries qui te font rire. Ces séries qui te font du bien. Ces séries qui te font réfléchir. Et il y a ces séries qui te tiennent en haleine jusqu’à la dernière seconde, qui te font du mal parfois, qui te laissent bouche bée à chaque instant. Sharp Objects entre dans cette catégorie.

Synopsis: Camille Preaker est journaliste à Saint Louis. À la demande de son rédacteur en chef, elle retourne dans la ville de son enfance, Wind Gap, réaliser un sujet sur le meurtre d’une adolescente et la disparition d’une autre. Camille devra y affronter ses démons, dont la mort de sa petit soeur, dont elle ne s’est toujours pas remise.

Cet article ne contient pas de spoiler
|TW self-harm, suicide, viol, meurtre, mort|

La bande-annonce


L’esprit de Gillian Flynn, l’œil de Jean-Marc Vallée

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Si vous avez aimé Gone Girl, soyez ravi.e.s d’apprendre que Sharp Objects est aussi l’adaptation d’un roman de Gillian Flynn. Si vous avez aimé Big Little Lies, soyez ravi.e.s d’apprendre que Sharp Objects est réalisée par Jean-Marc Vallée (aussi à la réalisation de Wild ou Dallas Buyers Club). Bref, tout ça pour dire que ça vous donne une idée de l’univers et l’ambiance dans laquelle on se trouve.

C’est beau et si bien réalisé: chaque plan laisse à réfléchir et à observer. Et puis c’est glauque, c’est oppressant, mais c’est doux parfois (un peu mais jamais longtemps). Sharp Objects parvient à mettre du beau dans toute l’horreur qu’on nous vend. Et je reste fascinée par ces séquences de Camille en train de conduire. Voilà bien un truc que Jean-Marc Vallée filme à la perfection.

La photographie est douce autant qu’elle est amer. Et cette ambiance changeante se ressent dès le générique, puisqu’une musique différente nous est proposée à chaque épisode. Elles sont toutes différentes et pourtant elles collent toutes parfaitement à la série. Pour cause: il s’agit tout simplement de la même chanson (Dance and Angela de Franz Waxman) interprétée par un.e artiste différent.e (Franz Waxman d’abord puis Jean Phi Goncalves, Alexandra Streliski, Mark Batson…). Ça donne le ton non ?


Un trio féminin aux portes de l’excellence

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Camille Preaker

Le personnage de Camille Preaker, interprété par Amy Adams, m’intrigue forcément. Je suis toujours intéressée de découvrir des personnages de journalistes. Encore une fois et comme souvent, la façon dont travaille Camille n’a pas grand-chose à voir avec la façon dont travaillent les journalistes (elle joue parfois plus les détectives), mais son personnage n’en est pas moins réussi (de toute façon, son job n’est pas non plus le centre de l’intrigue et de son personnage).

Camille est complexe, elle cache de nombreuses blessures dont elle ne s’est jamais remise. Elle se bat contre l’alcoolisme et le self-harm et d’autres horreurs qui lui sont arrivées par le passé, dont la mort de sa sœur.

Et laissez moi vous dire qu’Amy Adams est absolument parfaite dans le rôle (si elle ne gagne pas un Emmy, ce serait franchement scandaleux). Elle nous fout une grande claque dans la gueule à peu près à chaque épisode. Elle est au bord de la limite à chaque instant. Elle peut sombrer à chaque moment. La puissance des émotions qu’elle transmet est assez dingue. Et au passage: chapeau à la jeune actrice qui interprète Camille adolescente (Sophia Lillis), qui est brillante également. C’est ce qu’on appelle un casting réussi.

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Adora Crellin

Dès le départ, on comprend qu’Adora (Patricia Clarkson) est loin d’être la mère parfaite, même si c’est l’image qu’elle donne autour d’elle. On comprend petit à petit la réticence de Camille à revenir à Wind Gap.

Derrière la perfection se cache une mère sur-protectrice et odieuse. Camille ne s’est jamais pliée aux exigences de sa mère et devient alors une véritable paria. J’ai rarement vu des personnages de mères aussi détestables, Adora est une grande gagnante dans le genre. Encore plus puisqu’elle ne réalise certainement pas la façon dont elle se comporte et se voit comme une oie blanche.

Amma Crellin

En voilà un autre personnage intriguant. La demi-soeur de Camille prétend elle aussi, être quelqu’un qu’elle n’est pas. Tantôt la petite fille parfaite, bien peignée, avec sa maison de poupée et toujours dans les jupes de sa mère. Tantôt l’adolescente rebelle qui passe son temps à faire n’importe quoi avec ses copines, et à boire (beaucoup).

On n’arrive clairement pas à cerner ce personnage, et Camille non plus. Une chose est certaine, elle refuse de voir Amma dans les griffes de sa mère et veut la protéger à son tour.

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>> Non et puis, voir un casting principal entièrement féminin aussi fort, ça fait quand même franchement plaisir. D’ailleurs, ce fut assez étonnant pour les actrices sur le plateau. Patricia Clarkson trouvait ça “drôle” de voir les acteurs de la série avec les rôles de “petites-amies” qu’ont d’habitude les femmes dans ce genre de production. Cette fois, ce sont elles qui prennent le lead et bon sang ça fait du bien !


Un scénario pensé jusqu’à la dernière seconde

Comme je l’ai dit au départ, l’ambiance est vraiment pesante et glauque. Et la musique  d’ambiance vient renforcer cette atmosphère presque (souvent) mortifère et malsaine, elle est toujours sur un fil. Cela accolé à une soundtrack d’une grande qualité (Led Zepellin, Alexandra Streliski, Agnès Obel, Michel Legrand, The Acid, The Doors) : on s’en délecte.

Sharp Objects est une série où il faut être patient.e… Le scénario prend son temps, se développe tout doucement, nous mène dans plusieurs directions. L’attention est dans le détail, il faut tout observer, tout écouter. C’est là que se dessine petit à petit le dénouement.

Et quel dénouement ! Je n’ai qu’une hâte: revoir la série pour repérer tous les indices qui nous sont disséminés au fil des épisodes. C’est brillant, vraiment. Mais… tellement frustrant aussi ! J’ai envie d’en savoir plus, j’ai encore tellement de questions qui n’ont pas de réponses ! Je pense cependant que Sharp Objects n’a pas besoin d’une deuxième saison (et qu’elle n’en aura pas visiblement). Il faut juste la revoir, repérer tout ce qu’on a loupé et s’en délecter.

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anahaddictciloucr Auteurs de commentaires récents
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ciloucr
Invité

Je note j’ai beaucoup aimé mindhunter et brodchurch un peu moins little big lies.
Bisettes