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Lectures

Les Culottées de Pénélope Bagieu : indispensable

13 octobre 2016
Pénélope Bagieu est une artiste dont je suis les parutions depuis de nombreuses années. Ces derniers temps, au même titre que Diglee (que j’adore également), la dessinatrice propose un travail beaucoup plus engagé et touchant au féminisme. Ce n’est plus un secret pour personne : le féminisme ça me parle carrément. Alors quand Pénélope Bagieu a lancé son blog “Les Culottées” sur le site du Monde, j’étais évidemment au rendez-vous. Et quand elle a publié le blog en version papier, j’étais également au rendez-vous, ça va de soi.


Les Culottées, c’est qui ?

Les Culottées ce sont “des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent”. C’est pas moi qui le dit, c’est inscrit en gros sur la couverture. Des femmes qui font ce qu’elles veulent et qui ont pris leur destin en main. Des femmes qui ont bravé les stéréotypes et les injonctions, quelque soit l’époque, pour se faire entendre, exister et avancer dans leur vie. Des femmes qui, sans le savoir peut-être, ont fait avancer la société, que ce soit par des avancées techniques ou sociétales.
Ces femmes, dans ce premier volume, ce sont : Clémentine Delait, Nzinga, Margaret Hamilton, Las Mariposas, Josephina von Gorkum, Lozen, Annette Kellerman, Delia Akeley, Joséphine Baker, Tove Jansson, Agnodice, Leymah Gbowee, Giorgina Reid, Christine Jorgensen, Wu Zetian.
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Pourquoi c’est important ?

Avouez-le, hormis quelques noms, vous n’avez strictement aucune idée de qui sont ces femmes. Pour moi, il n’y avait que Joséphine Baker qui m’étais vraiment familière… Pourtant on parle ici de scientifiques, actrices, cheffes… De femmes qui ont permis des avancées d’envergure dans de nombreux domaines… De femmes avec un parcours hors du commun. Des femmes intelligentes et fortes. Des femmes qui se sont battus pour faire respecter leurs envies. Des femmes qui ont refusés les règles improbables de la religion. Des femmes qui ont dit non à la dictature de leur pays. Mais non, il y a très très peu de chance pour que ayez entendu parler d’elles en cours d’histoire où dans les médias, de manière général…

Cela fait des Culottées un ouvrage important et essentiel pour quiconque s’intéresse au féminisme et à remettre un peu les choses à leur place (rendre à César ce qui est à César, tout ça). D’autant plus que Pénélope Bagieu s’intéresse à TOUTES les femmes. Blanches, racisées, transgenres, non-hétéros, considérées comme “hors normes”. Pas de white feminism, merci bien.

Du coup on va partout. On voyage en République Dominicaine, aux Pays-Bas, en Angola, aux États-Unis… Et à toutes les époques… Le XVe siècle, le XIXe, les 60s et même dans l’antiquité… On un panel de femmes très large, qui représentent des cultures différentes, qui ont des enjeux différents, des contraintes différentes.

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Mais autant lire le blog du Monde non ?

Oui mais non. Oui tous les billets présents dans ce livre ont déjà été publiés sur le blog du Monde. J’avoue que j’aurais aimé quelques petites exclusivités, mais je savais ce que j’achetais quand je me suis procurée le livre.

Mais non, le blog ne se suffit pas forcément à lui-même. Déjà, lire les billets de Pénélope Bagieu est quand même beaucoup plus agréable sur le papier. Et regardez moi ce livre s’il vous plaît. La magnificence de cette couverture dorée. Et ces doubles pages (exclusives elles) absolument superbes.

C’est un plaisir de redécouvrir les histoires des Culottées sur le papier. De feuilleter encore et encore le bouquin et de les conserver. C’est un peu comme l’album de Mirion Malle qui reprend les billets de son blog “Commando Culotte” (mais avec des exclusivités par contre). Quand on aime les livres, forcément c’est toujours agréable d’avoir l’objet en main (donc vivement le tome 2).


Petit florilège non exhaustif

  • La reine du Ndongo (actuel Angola), Nzinga, se fait décréter “homme” pour ne pas avoir à choisir un roi (mais ne s’empêche pas d’avoir tout plein d’amants).
  • Clémentine Delait, femme à barbe, peut porter un pantalon pour ses séances photos, chose totalement interdite pour les femmes à l’époque.
  • Josephine Baker “souvent réduite à sa ceinture de bananes”, comme le dit l’autrice, était une résistante qui faisait passer des messages à l’encre invisible sur ses partitions et profitait de son statut de mondaine pour soutirer des informations secrètes aux nazis.
  • Leymah Gbowee invite les femmes du Liberia à faire la grève du sexe pour que leurs maris (les dirigeants évidemment) se décident enfin à négocier pour arrêter la guerre civile qui ravage le pays.
  • Même quand la fascination des médias et de l’opinion s’est transformée en dégoût et remarques ignobles, Christine Jorgensen (une des premières femmes transgenres sur le devant de la scène) continue de s’exprimer et d’être une personnalité publique, pour toutes celles et ceux qui vivent dans l’ombre et dans la honte.
  • Wu Zetian, de par sa beauté, a eu droit à la place la plus prestigieuse pour une femme (au VIIe siècle) : être la concubine de l’Empereur. Très peu pour elle, elle est devenue Impératrice de Chine (seule et unique femme à avoir eu ce titre). Elle imposera douze décrets pour améliorer la place des femmes dans la société.

Les Culottées de Pénélope Bagieu
Aux éditions Gallimard
19€50 

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Doriananas
Invité

Elle est sur ma liste de noël *o*

Kantutita - Birds and Bicycles
Invité

Depuis que tu en parles sur les réseaux, j’ai trop envie de le lire!!
Je vais l’acheter – non seulement parce que c’est un bel objet mais aussi pour soutenir ce type d’initiative <3
Merci beaucoup pour la découverte – je comprends pas pourquoi j'en ai pas plus entendu parler!!
Des bises 🙂