Seul sur Mars
Cinéma

Seul sur Mars, un feel good movie

3 novembre 2015

Ces derniers temps, je vais très peu au cinéma. Il faut dire qu’il n’y a pas grand chose à l’affiche qui suscite mon intérêt. Et vu le prix de la place, je préfère m’y rendre pour un film qui me fait vraiment envie. L’annonce de Seul sur Mars (The Martian en VO), le nouveau film de Ridley Scott (Alien, Blade Runner), a su attiser ma curiosité…

Synopsis : Lors de la mission Ares III sur Mars, l’équipage doit partir en urgence à cause d’une tempête particulièrement violente. Cinq astronautes rejoignent leur fusée mais Mark Watney n’y parvient pas. Ses coéquipiers le croient mort, pourtant, Mark a survécu. Il se retrouve donc livré à lui-même sur la planète rouge…

Cet article ne contient pas de spoilers

– Je précise que j’ai dû voir le film en VF. Comme d’habitude, je trouve que la quasi absence de VO dans les cinémas français est un vrai manque. On perd beaucoup dans ce que le film veut transmettre… De même, je n’ai pas lu le roman d’Andy Wier du même nom, à partir duquel le film a été adapté. Toutefois, j’ai lu beaucoup d’avis favorables à l’adaptation cinématographique, qui serait plus sympa que le livre… une première !

Seul sur Mars team
– Aussi, j’ai dû voir le film en 3D. La raison ? Mon cinéma de campagne qui ne diffuse pas en numérique les films 3D (money money…). Avant Seul sur Mars, je n’avais vu que deux films dans ces conditions. Cette nouvelle expérience confirme mon désamour pour ce système de visionnage. Système qui n’est absolument pas au point. Outre le fait que la trois dimension soit totalement inutile dans le film (la pub Haribo pour vérifier que les lunettes fonctionnent bien en fait un meilleure usage), elle le gâche. J’ai eu énormément de mal à rentrer dans l’action pendant 10-15 min à cause de ça, sans oublier le mal de crâne que ça provoque… Mais là où on perd le plus, c’est vraiment dans la qualité de l’image et la perception des couleurs. Cette impression d’avoir des lunettes de soleil est on ne peut plus désagréable. Les paysages de Mars aux couleurs intenses se retrouvent d’un fade… Bref, ça m’a de nouveau vacciné contre cette technologie qui n’apporte rien hormis vous vider les poches (+3€ sur ma place).

– Bon, passons au film et à Mark Watney, interprété par Matt Damon. Pour tout vous dire, il n’est pas un acteur qui me rend dingue. Dire que je ne l’apprécie pas ou que je le trouve mauvais acteur serait mentir. Je suis juste plus ou moins indifférente. Je ne vais pas dire : “Tiens il y a Matt Damon à l’affiche, il faut que je vois ce film !” Ceci étant dit, je l’ai beaucoup apprécié en astronaute botaniste abandonné sur Mars. On est avec lui du début à la fin et il parvient vraiment à nous transmettre ce qu’il vit. On rit avec lui, on frissonne, on s’inquiète, on s’étonne. On s’attache rapidement au personnage ! Certains dirons que la figure du héros qu’il incarne et un peu trop poussé. Certaines fois, c’est vrai qu’on se dit qu’il prend relativement bien ce qui lui arrive. Toutefois, ça rejoint un aspect du film que je vais développer juste après…

– Sinon, le casting en lui même est vraiment très bon. Il y a du beau monde ! Jessica Chastain (Interstellar), Kate Mara (House of Cards), Kristen Wiig (SNL), Sean Bean (LoTR, GoT)… J’ai trouvé Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave) vraiment excellent et ça m’a fait plaisir de voir Donald Glover (Community) sur grand écran. En plus, je trouve qu’il y a une belle diversité et une parité dans la distribution des rôles. Bon le héros est toujours le mec blanc, mais on ne va pas trop en demander non plus. En tout cas, je n’en ai pas trouvé un en dessous de l’autre, tout le monde est à sa place et s’en sort franchement bien.

Seul sur Mars
– Pour décrire The Martian, je vais ressortir les termes employés par Le Fossoyeur de films dans son après-séance. C’est un “survival feel good”. Ces mots sont vraiment appropriés ! Et j’ai été surprise car je ne m’attendais pas du tout à ça. Surtout venant de Ridley Scott. On ne pourrait même pas deviner que c’est lui qui a réalisé le film. En tout cas, un survival qui n’est pas anxiogène ça fait quand même bizarre mais c’est très agréable. Je sais que le manque d’emmerdes en a dérangé certains mais moi, ça m’a fait le plus grand bien. Ça pourrait se dérouler parfaitement de A à Z que j’aurais quand même apprécié. Pourtant, je suis la première a apprécier les complications et cracher sur les résolutions trop simplistes. C’est un film qui donne la pêche, là ou le pitch de départ peut carrément miner le moral. On apprécie de suivre les aventures de Mark Watney et la façon dont il se créé sa petite vie sur Mars.

– Et cet aspect feel good est largement renforcé par la bande son résolument disco et entrainante ! Abba, Donna Summer, David Bowie… Comment avoir le cafard avec ça ? La bande son est donc vraiment fun et en décalage avec la situation tout de même dramatique. Et puis, ça m’a fait pensé à The Guardians of the Galaxy, qui avait su me charmer dès le début avec sa soundtrack très old school.

– Je n’y connais pas grand chose en voyage dans l’espace et aux possibilités que cela engendre. Mais savoir que l’équipe du film a bossé avec la NASA pour rendre le scénario le plus plausible possible me plaît bien. Et puis, ça nous épargne les commentaires énervés d’experts vexés par la non-exactitude scientifique. C’est toujours ça. Non, plus sérieusement, c’est vraiment appréciable qu’un travail de recherche et de collaboration avec la NASA ai été mis en place pour les aspects techniques. La véracité des éléments apporte quand même beaucoup de crédibilité au film. Et puis, du coup, on apprend des trucs.

Seul sur Mars
– Malgré la 3D qui gâche tout, le film est vraiment beau. Et c’est ce qui me met encore plus les nerfs de ne pas l’avoir vu en numérique. Les plans sur Mars ou sur le vaisseau spatial Hermès envoient du bois, même si on ne fait jamais dans le contemplatif (ce qui aurait pu être sympa aussi).

– Merci à l’énorme clin d’œil à la saga du Seigneurs des Anneaux alors que Sean Bean est dans la scène. C’était un peu magique.

– Sinon, les États-Unis vont encore dépenser combien d’argent pour aller récupérer Matt Damon dans l’espace ? Ça suffit là !

Bref, j’avais très envie de voir Seul sur Mars sans savoir vraiment à quoi m’attendre, mais définitivement pas à ça. C’est une agréable surprise et ça nous change des films dramatiques qui se déroulent dans l’espace (Gravity, Interstellar, Armageddon). Un vrai vent de fraicheur ! Vous êtes sur que c’est de Ridley Scott ?

Crédit photos : 20th Century Fox

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9 Commentaires

  • Répondre
    Maitetxu
    3 novembre 2015 at 15 h 37 min

    Hello ! Le titre et le contexte me font inévitablement penser à Seul au monde avec Tom Hanks.. Pas trop mon style. Mais depuis que j’ai lu ton article j’hésite vraiment à aller le voir 🙂
    Maitetxu

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      anahaddict
      3 novembre 2015 at 16 h 49 min

      Ca m’y a également fait penser et pourtant les deux films n’ont vraiment rien avoir ! Pour Seul sur Mars, mon conseil est de ne pas se fier à la bande annonce.. 🙂 En tout cas, si tu vas finalement le voir, n’hésites pas à me donner ton avis !

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    Vio la vilaine
    3 novembre 2015 at 16 h 18 min

    J’ai vu ce film hier soir, après avoir refourgué mes gnomes à ma belle-mère, de ans un cinéma de campagne perdu au fond de l’Aveyron et dont l’enseigne est peinte à la main sur une palette de bois, évidemment je n’ai pas non plus eu le choix : 3D et VF, le cocktail de la mort qui tue les bons films. Bref. J’étais pas enchantée, pas DU TOUT. Si j’étais là, c’est que j’avais perdu un pari contre mon mec, moi je voulais voir Lolo, le dernier film de Julie Delpy, aucun rapport. Limite j’ai failli acheter des pop corns (mais finalement ma monnaie a servi à payer le supplément lunettes) (ah, et puis y a pas de pop corns dans les cinémas de village, aussi).
    Au lecteur qui passe par ici sans avoir vu Seul sur Mars, et qui hésiterait encore, j’ai envie de dire : Go.
    Ouais. Finalement, contre toute attente, j’ai arrêté de bouder, et même, j’ai beaucoup aimé. J’ai gloussé comme une poule en chaleur toutes les dix minutes, il m’en faut peu pour être heureuse (sans pop corns). Les dialogues sont dynamisants, le scénario fait du bien, et le clin d’oeil hilarant au Seigneur des Anneaux a fini de me convaincre que ce film était bon.
    Une jolie surprise, un drôle d’hybride, bref. Un OVNI.
    Signé la bobo fanatique (chiante) de films d’art et d’essai.

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      anahaddict
      3 novembre 2015 at 16 h 52 min

      Cette description de ton cinéma de campagne me ferait presque envie s’il y avait des pop corn ! Clairement, c’est fou comme la 3D et la VF gâchent tout… En tout cas, je suis contente que finalement le film t’ai plu (parce que 2h20 quand même, ça en fait du temps à bouder)
      Ouais “drôle d’hybride” c’est bien aussi pour le décrire ! Le thème et son traitement ne vont pas ensemble et pourtant, ça fonctionne sacrément bien !

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    Seul sur Mars le film
    3 novembre 2015 at 16 h 33 min

    Superbe film SF, bien écrit, bien réalisé

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    Sweet Judas
    11 décembre 2015 at 12 h 37 min

    Très bon film effectivement, même si je suis déçue de ne pas avoir pris le temps de lire le bouquin dont il est tiré avant d’aller au cinéma. Mais bon, je suis un être faible, on me vend du Matt Damon qui fait des blagounettes face à sa webcam et je fonce, sans hésitation aucune.
    J’ai pas été déçue, mais il y a quand même un truc qui me chiffonne : l’absence de sensation de véritable solitude. ‘Fin j’veux dire… Il est abandonné sur une planète hostile, avec 4kg de pommes de terre et un oxygène limité et… Bah rien. Presque c’est pas grave et ça le choque pas.
    Alors bon, oké, ça se veut être un astronaute entraîné toussa toussa, mais y’a quand même une chance 99,9% de chance qu’il y reste et meure comme un couillon. Même pas de p’tit nervous breakdown de derrière les fagots, il pète juste un plomb quand sa cabane explose. C’est un peu trop facile.
    Mention spéciale pour la vanne relative au Seigneur des Anneaux. Boromir/Ned/Sean, je t’aime pour l’éternité.

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      anahaddict
      11 décembre 2015 at 12 h 52 min

      Ahah bah j’avoue que le bouquin ne me tente pas des masses (d’habitude j’aime aussi lire avant de voir le film), les avis sont très mitigés à son sujet…
      Bah oui c’est ça le truc, c’est que tout reste très positif, et hormis la détérioration physique à un moment (qui arrive assez tard d’ailleurs), on ne le sent jamais véritablement seul et jamais vraiment désespéré. Mais pour le coup ça m’a quand même plus, car ça change des films catastrophe dans l’espace ^^
      La vanne LoTR était tellement magique, c’était savoureux !

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    Emma
    4 février 2016 at 20 h 33 min

    Je t’approuve à 3000% concernant les lunettes 3D, j’ai aussi été obligée de regarder ce film en 3D parce qu’il n’était pas projeté autrement dans mon cinéma, et ça m’a tellement énervée… Le manque de vivacité des couleurs est flagrant et ça ne sert à RIEN !

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      anahaddict
      4 février 2016 at 20 h 49 min

      Oui c’est vraiment ce qui pêche le plus ! On a des plans magnifique avec des couleurs superbes, et les lunettes gâchent tout.. J’ai dû aller voir le film dans un cinéma CGR qui pratique le 100% 3D. Aucune diffusion en numérique pour les films qui possèdent la 3D, je trouve que c’est vraiment se foutre de la gueule des gens..

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