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Cinéma

Jurassic World, un retour à la hauteur ?

Le premier film Jurassic Park, sorti en 1993, aura définitivement fait partie de mon enfance. Entre émerveillement et grands moments de frissons, il est de ces films qui ont marqué le cinéma et toute une génération. À l’annonce d’un nouveau film de la franchise (faisant suite à deux autres films de qualité bien moindre), j’étais à la fois excitée et effrayée. Impatiente de voir comment les nouvelles compétences en matière d’effets spéciaux et d’images de synthèse allaient impacter sur l’univers du jurassique ; mais toujours sceptique face à un énième reboot/remake proposé par le cinéma américain. À quoi allait-on avoir affaire ? Une vulgaire copie ? Une réelle volonté d’apporter quelque chose de nouveau à la saga ? Un hommage au film d’origine ? Au final je dirais : un peu de tout ça..

Note : je tiens à préciser que j’ai malheureusement dû supporter deux heures de VF, puisqu’il m’a été impossible de trouver un cinéma qui diffusait Jurassic World en VO près de chez moi. Persuadée que la VF enlève énormément de choses aux films, une palette énorme d’émotions, je ne pourrais pas forcément juger ce point dans l’article. De même, je suis allée voir ce film en numérique et non en 3D, donc aucun avis de ma part sur ce point également.

Synopsis : les faits se déroulent 22 ans après l’ouverture du parc et le premier drame qui s’y était déroulé (on vient occulter ici les deux films suivants de la saga). Nous suivons d’abord Zach et Gray, deux frères qui viennent rendre visite à leur tante Claire, alors que leurs parents sont en instance de divorce. Claire Dearing gère le fonctionnement du parc et notamment les équipes scientifiques. Ces dernières sont chargées de créer les dinosaures à l’aide d’ADN mais aussi, de créer de toutes nouvelles espèces, pour plaire au public, toujours plus demandeur. Bien évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et les jours paisibles passés en famille au parc vont devenir quelque peu sanglants..

Les qualités

– Petit plus pour le gros plan sur l’effrayante patte venant se poser au sol, qui dévoile en réalité un corbeau bien de chez nous. Un petit rappel de ce vers quoi ont “évolué” les dinosaures (mouais les raptors ont un peu perdu en badassitude en devenant des poules) et un petit coup de pression bien trouvé à l’égard du téléspectateur.

Jurassic World
– Beaucoup ont parlé du manque de cohérence qu’ont les dinosaures avec les recherches scientifiques qui ont été faites à leur sujet. En gros, ils ne ressemblent pas à ce à quoi ils ressemblaient réellement (du genre, des vélociraptors sans plumes). Je vous avoue que n’étant pas forcément hyper familière avec l’anatomie des dinosaures, ce n’est pas un élément qui m’a dérangé au visionnage du film. J’ai trouvé les images de synthèse relativement bien réussies même si quelques passages étaient un peu déroutants.- La séquence de la découverte du parc par les deux frères, Zach et Gray, est vraiment un point fort du film. On retrouve le thème culte et magique de la saga qui retentit de plus en plus fort jusqu’à l’apothéose, à l’ouverture des fenêtres dans la chambre d’hôtel. C’est beau, ça fait frissonner, ça rend nostalgique. Visuellement, le film est bien fichu et on alterne entre des scènes assez tendues dans l’intrigue, et des scènes plus contemplatives où on admire le parc, les dinosaures qui s’y trimballent.

– En parlant de ces scènes tendues et notamment des massacres perpétrés par les dinosaures, j’ai été assez surprise de voir dans la salle des enfants d’environ 3/4 ans. Je me souviens encore comment Jurassic Park m’a effrayé alors que j’avais probablement 6/7 ans quand je l’ai vu pour la première fois (en même temps, il faut savoir que je suis une grosse froussarde). En tout cas, j’ai trouvé ces scènes particulièrement réussies même si mon côté dérangée m’a fait me marrer à la moindre giclée de sang. La scène où les ptérodactyles s’enfuient de la volière est une des plus réussie dans ce genre.

Jurassic World
– Je suis obligée de faire un point sur Owen Grady étant donné que je porte un amour inconsidéré pour Chris Pratt (pour cause de potentiel sympathie trop élevé depuis Andy dans Parks & Rec) mais aussi parce que c’est un peu le héros du film. Si j’apprécie toujours de le découvrir à l’écran, je trouve qu’il y interprète toutefois un des personnages les plus lisses qu’il ai pu jouer jusque-là. Si j’ai beaucoup apprécié le personnage de Owen, sa classe et son attitude badass, sa personnalité tout au long du film n’est pas constante. On découvre au début un mec sympathique, intelligent, drôle et bien cassant sur les bords (dans la scène où Claire vient lui demander un service par exemple). Puis après ça il devient hyper sérieux, toujours le sourcils froncés et l’aspect “rigolo” est presque supprimé. C’est un peu dommage car un aspect un peu déconne n’aura pas cassé avec l’ambiance de tension du film. Mais on observe un peu ce même problème avec le personnage de Claire qui devient une combattante de l’extrême alors qu’elle nous a été présentée comme pas très dégourdie (grosse peureuse dans l’hélicoptère et compagnie). Sinon, mention spéciale pour Omar Sy qui même s’il n’est pas ultra présent dans le film, fait très bien son job est apparaît toujours pour de bonnes raisons.- J’ai vraiment apprécié tout ce qui tourne autour de la création de l’Indominus Rex, le pourquoi du comment. Ce monstre/dinosaure est créé car les gens, vingt ans après la réapparition des dinosaures, sont complètement blasés. Ils ont toujours besoin de plus impressionnant, plus spectaculaire, plus effrayant. J’ai trouvé cela terriblement en adéquation avec la façon dont fonctionne notre société avec les médias et la culture en général. Du coup, j’ai trouvé que ce serait un scénario totalement plausible si cette situation était réelle.

– Et donc pour revenir à l’Indominus Rex en lui même, je le trouve relativement bien fichu. Et du coup, comme il est créé de toutes pièces, on est moins gêné par le “pas cohérent par rapport aux vrais dinosaures”, puisqu’au final il est plus présenté comme un monstre qu’un dinosaure. Donc visuellement, ça a de la gueule et on n’aimerait vraiment pas se retrouver en face de ça. Toutefois, certaines de ses capacités sont légèrement abusées, la bestiole est quand même sacrément intelligente et ça dépasse un peu les bornes certaines fois. Elle enlève son signal GPS, arrive à faire croire à l’équipe du parc qu’elle n’est plus dans son enclos mais à côté de ça, elle ne pige pas quand les deux frangins quittent la gyrosphère ou quand Owen a juste besoin de se mettre un peu d’essence sur la poire pour ne pas se faire repérer.

 

Jurassic World

L’entre-deux

Ce point arrive dans un entre-deux entre les points que je trouve positifs et ceux qui sont négatifs. En effet, je ne saurais réellement me décider quant aux nombreuses références au premier film de la saga. Copier/coller fainéant ou véritable hommage ? Il est assez dur pour moi d’émettre un avis, car ces “clins d’oeil” étaient sympathiques à noter lors du visionnage du film. Il y a un gros relan de nostalgie qui amène au visionnage du film, c’est pour mes bons souvenirs avec le premier volet que j’ai voulu voir celui-ci en priorité. Alors les easter egg se savourent allègrement. Mais avec du recul, on peut trouver certains passages assez limites niveau références, passant facilement pour un simple recopiage (dans l’enchainement des actions en elles-mêmes). Le fait est qu’en allant voir le film, mes attentes n’étaient pas extrêmement élevées. Je voulais juste passer un bon moment à mater des dinosaures dans des décors bien fichus, je n’avais pas non plus besoin d’un scénario en béton armé, je savais que je ne l’aurais pas dans tous les cas.

Les points négatifs

– Il ressort de ce film que Claire Dearing (Bryce Dallas Howard et #PasJessicaChastain) est la véritable héroïne de l’histoire. Cette volonté du cinéma de proposer des personnages féminins sexy en toutes circonstances nous font trimballer la pauvre Claire en talons aiguilles, dans la jungle, pendant deux heures. Je m’émerveille face à la résistance de ses chevilles, les miennes se seraient probablement cassées une bonne dizaine de fois. Alors oui, on peut parler de “détail sans grande importance”, mais le fait de la coller en talons tout au long du film, parce que c’est quand même plus attirant que de la mettre en boots Caterpillar, ça m’énerve (surtout quand elle met une distance au T-Rex, perchée sur 12cm, merci bien).

– Un point que je relèverai souvent dans mes articles sera sûrement celui du traitement des personnages féminins. Jurassic World ne déroge pas à la règle dans le genre “qui me hérisse le poil” avec une palette assez faible et inintéressante.

  • Malgré le fait que Claire se trimballe en talons tout au long du film, elle reste un personnage assez intéressant (même si on nous la présente un peu en début de film comme une cruche obnubilée par les chiffres), avec du caractère et au final, beaucoup de courage. Pourtant, ces deux neveux, bien qu’assistant à la facette badass de leur tata adorée, s’en remettent toujours à Owen et ne manquent d’expliquer à quel point il est génial et qu’ils veulent rester avec lui, occultant presque totalement les actions de Claire (c’est bon, on a compris qu’il était le héros du film).
  • Au sein de l’équipe du parc, on trouve aussi Vivian qui fait équipe avec Lowery (ravie de voir Jake Johnson dans ce film) dans la gestion des équipements du parc. Puis, en milieu de film, on apprend finalement que ce personnage est juste un love interest complètement sorti de nul part. On nous présente pourtant deux collègues qui s’entendent bien, mais non il faut que Lowery tente de rouler une pelle à Vivian dans un moment de stress intense. Alors oui, le passage en lui-même est assez drôle car on démonte ce cliché du baiser fougueux pendant le moment de tension ; mais à côté de ça, on comprend que Vivian ne servait qu’à mettre en scène ce passage, alors que Lowery a bien plus d’importance au cours du film.
  • Puis le personnage féminin très secondaire qui m’a bien énervé est la copine de Zach. J’ai eu l’impression qu’il n’y avait pas aussi inutile et cliché que ce personnage. La petite amie bien collante qui demande à son copain des photos de lui chaque jour pour pas qu’elle oublie à quoi il ressemble, lui lâche un “Je t’aime mon amour” avec pour seule réponse “bon j’y vais salut”. Puis on se rend compte que Zach en a encore moins rien à foutre quand il drague à peu près tout ce qui a deux seins et rigole comme une cruche en le regardant. Useless au possible.

Jurassic World
– Je n’ai absolument pas compris l’intérêt de nous recoller InGen et le petit complot avec Vic, pour faire des dinosaures des armes militaires. Clairement, si on supprime toutes les scènes et toute la storyline où ils apparaissent, ça n’aurait absolument rien changé au déroulement du film. On se fout très franchement de nous coller Vincent d’Onofrio en “pseudo-méchant”, il est useless de A à Z (hormis parler à Claire en mode gros macho, on pouvait allègrement s’en passer). La menace vient des dinosaures, on se fiche bien de cette organisation qui n’apporte rien à l’histoire.- Du coup, comme la menace vient des dinosaures et que le but du scénario est de nous dire qu’on n’est pas grand chose face à eux, qu’il faut conserver un peu d’humilité : ce parti pris est au final contredit avec la domestication de certains dinosaures. Clairement, c’est fun de voir Chris Pratt sur sa moto avec ses copains les raptors, c’est drôle de voir des gamins sur des “poney-tricératops”, mais au final, ça détruit en quelque sorte le plot de départ et c’est dommage.

– Mais si je peux faire abstraction de certains aspects moins réussis du film, la fin est définitivement la pire chose qui ai pu être faite. Le combat final est, je trouve, d’un ridicule sans nom. On passera le fait que Claire court plus vite qu’un T-Rex pour passer justement à ce combat assez improbable entre ce dernier et l’Indominus Rex. Tout cela sans oublier l’arrivée du raptor Blue “petit toutou fidèle” et du Mosasaure dont l’apparition à ce moment-là était prévisible dès 20min de film. Bref, pour moi, rien ne va dans ce final, mais alors vraiment rien. Non mais, franchement, Blue et le T-Rex qui se tapent la discute et partent chacun de leur côté, la chaîne alimentaire on lui fait un gros doigt d’honneur (mort de la logique). Et on passera aussi sur le love forever des dernières minutes entre Owen et Claire terriblement attendu et dont on aurait bien pu se passer. En une journée ils passent du mépris qu’ils éprouvent l’un envers l’autre après un premier rendez-vous raté à “on se lâche plus on reste ensemble toute notre vie, gros love wesh”.

Mais au final, on ressort de la salle en ayant vu un bon divertissement, en ayant apprécié de passer du temps en compagnie des dinosaures mais on reste sévèrement sur notre faim et pas entièrement convaincus.

2 commentaires

  • Margaux
    10 juillet 2015 at 20 h 43 min

    Coucou !
    Je suis ravie de voir que tu as fait une petite critique/analyse de Jurassic World ! Comme toi, Jurassic Park est une saga qui m’a beaucoup marqué plus jeune (et dont je suis toujours fan, DINOSAURES ♥), alors j’étais toute folle à l’annonce d’un nouveau volet.
    J’ai apprécié le film, même s’il a quand même pas mal de défauts. C’est du pur divertissement, à ce niveau, le contrat est rempli à 200%. Ce qui pose problème, c’est que le film repose à 50% sur cela, sur un divertissement de ouf pour attirer les plus jeunes, et à 50% sur la nostalgie des plus vieux, qui ont bien connu la saga originale. D’où le problème des nombreux easter eggs. C’est sympa, ouais, mais c’est du manque de créativité, on pique toutes les bonnes idées (et aussi les mauvaises, coucou le combat final (ri-di-cu-le je suis bien d’accore avec toi) copié/collé du troisième volet où le T-Rex affronte le Spinosaure) de Spielberg. Ca devient du fan-service et presque du pillage intellectuel. Pour moi, le seul moment hommage vraiment utile et réussi, c’est l’entrée des enfants dans le parc avec la reprise du thème mythique de la saga. J’en frissonnais ! On (re)découvre le parc avec eux, c’est extrêmement bien fait et là, la nostalgie fonctionne très très bien, c’est magique !
    Comme je suis d’accord avec toi sur quasiment tout, je vais juste revenir sur certains points :’)
    L’Indominus Rex est parfait en monstre, il m’a vraiment fait peur, on ressentait bien son côté imposant. Le rendre si intelligent n’était pas idiot, surtout pour son côté raptor, puisque ces petits monstres étaient quand même très futés. Mais c’est parfois un poil exagéré, oui.
    Je pense que l’intrigue avec les raptors comme arme, ça servait peut-être à installer des jalons pour les suites à venir. Sinon, c’était en effet inutile. Aussi inutile que le grand frère serial dragueur, c’était tellement lourd, et le petit qui chouine pour le divorce des parents dont on ne parlera plus jamais. Moui.
    J’ai aimé Owen, avec du recul, purée, qu’est-ce qu’il pue “l’homme, le vrai, le grand, le fort, le viril”, le patriarche quoi, qui inspire la confiance, la sureté. C’est le protecteur des enfants et de Claire, qui trouve un équilibre avec lui. Il n’est pas que l’Alpha avec ses raptors, il est l’essence même de l’homme Alpha dans une belle vision bien rétrograde comme il faut. J’allais oublier. Owen qui refuse qu’on touche à “SES” raptors, ça m’a dérangé. Il est prêt à les défendre, il les respecte, mais ça ne le dérange pas d’en faire des bêtes de foire, des petits toutours. Mmh…
    C’est un hommage sympa, oui, on passe un bon moment mais voilà. C’est tout. Je suis vraiment sceptique quant aux suites (déjà annoncées, je crois) parce que la nostalgie finira par ne plus fonctionner. On finit vraiment par sentir que c’est un projet qui a vu le jour uniquement pour les petits billets verts…

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    • anahaddict
      10 juillet 2015 at 20 h 53 min

      C’est pour ça que j’ai mis ce point en “entre-deux”, car au moment du film, on apprécie les références, puis avec du recul on se dit “ouais, ils sont pas allés chercher bien loin les gars..” Mais en effet, pour moi c’est définitivement la scène de découverte du parc qui est à retenir, elle est vraiment impressionnante !
      Pour ce qui est d’Owen, c’est totalement ça ! Son profil est totalement celui des rôles principaux des films d’il y a 30 ans (enfin, finalement, ça n’a pas tellement changé n’est-ce pas..). Comme tu le dis, il n’est pas seulement l’alpha des raptors.. C’est pour ça que j’ai trouvé ça hyper gênant que les gosses s’en remettent toujours à lui alors que leur tante à côté était tout aussi badass !
      Je crains aussi pour les suite qui risquent de s’essouffler sévèrement (ce qu’on a vu avec la saga d’origine), je ne voyais pas trop l’intérêt de refaire une suite d’ailleurs, mais bon, c’est le cinéma actuel qui veut ça..

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